Avec la montée en puissance du concept de durabilité, la dimension environnementale des activités humaines est devenue incontournable. Peut-être encore plus que les autres activités, car fortement liée au milieu naturel, l’agriculture est concernée par cette nouvelle attente de la société. L’impact des pesticides agricoles sur la santé humaine et l’environnement devient notamment source d’inquiétudes. Appliquée à la viticulture, la question de la prise en compte de la dimension environnementale n’en est que plus prégnante si on considère la pression en intrants sur le vignoble par rapport à d’autres cultures (46% du tonnage des matières actives appliquées sur 4,3% des surfaces cultivées en France en 2003 – Eurostat, 2007). L’activité viticole est donc très concernée par la problématique environnementale. La recherche de nouvelles pratiques techniques fait intervenir des disciplines très variées telles que l’agronomie et la protection végétale qui ont pour but de proposer de nouveaux itinéraires techniques. Mais la technique ne peut répondre seule à ce défi sociétal : le travail au niveau des pratiques culturales doit être relayé au niveau de l’économie car les viticulteurs ne sont pas en mesure aujourd’hui d’évaluer la performance économique de pratiques environnementales. Cette question sociétale s’avère cruciale autant pour la mise en œuvre des politiques publiques que pour les exploitants. Les premiers ont en effet besoin d’indicateurs de coût (et de performance) au niveau des exploitations agricoles afin de déterminer les seuils à appliquer en cas d’actions incitatives et/ ou cœrcitives en faveur du respect de l’environnement. Les seconds ont besoin d’évaluer les conséquences financières des différentes stratégies qu’ils peuvent mettre en œuvre (y compris celles qui intègrent un meilleur respect de l’environnement). Dans cet exposé, nous présentons tout d’abord le cadre du travail de recherche mené : le projet ADD Vin. Depuis les années 90, une méthode de comptabilité analytique a été mise au point pour calculer les coûts de revient en viticulture. Nos travaux de calcul de coût des pratiques s’appuient sur la méthode existante qui est présentée, les charges étant imputées à des opérations culturales. Nous illustrons nos travaux dans la partie suivante par quelques résultats de coût appliqués aux pratiques environnementales. Enfin, nous montrons les limites du travail qui offrent autant de nouvelles perspectives de recherche. Nous vous invitons à consulter l’article intégral, lien ci-contre.

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