Une expérience de long terme (28 ans) menée dans un vignoble de la région de Chinon (Vallée de la Loire, France) a comparé une parcelle témoin (n’ayant pas subi d’apports de matières organiques) à des parcelles ayant reçu trois types d’apports de matières organiques : apport de parties ligneuses de vigne écrasées sèches, fumier et compost de champignons amélioré. Chaque année, les parties ligneuses de vignes ont été apportées à hauteur de 2 tonnes/ha ; le fumier et compost ont quant à eux été ajoutés selon deux doses (moyenne et élevée), de 10 tonnes/ha puis 20 tonnes/ha pour le fumier, et de 8 tonnes/ha puis 16 tonnes/ha pour le compost. Les traitements ont été étudiés en relation aux effets produits sur la composition des baies et du vin (résidu sec soluble, acidité titrable, pH, antocyanes, indice total de polyphénol et minéraux), ainsi que sur les caractéristiques sensorielles du vin. De forts apports en matières organiques, en particulier l’apport de 20 tonnes/ha de compost de champignons amélioré, a retardé la maturation de la baie. Le résidu sec soluble total, les antocyanes et la teneur du jus en tanins était plus basse, alors que le pH, l’azote, le phosphore et le potassium ont nettement augmenté par rapport au témoin. Plusieurs de ces caractéristiques ont été retrouvés dans le vin. Par conséquent, le vin issu des parcelles ayant subi le plus fort apport de fumier a eu la plus faible intensité colorante et persistance aromatique. Il a en revanche présenté les odeurs d’herbes et d’animaux les plus fortes en comparaison avec les autres traitements. Un fort apport d’azote sur le plant, résultant des apports de matières organiques, pourrait être le facteur explicatif le plus important. Si le but des viticulteurs est de produire des grappes d’excellente qualité pour des vins d’excellence, l’apport de taux élevés de matières organiques devrait être évité, et la nutrition du plant en azote contrôlée avec une approche flexible et adaptable aux conditions environnementales. Nous vous conseillons la lecture de l’article intégral (voir lien ci-contre).