Cet article passe en revue les préoccupations liées au zonage viticole et la problématique qu’il pose, d’un point de vue international. Les besoins du marché international du vin qui ne cesse de croître, et donc les objectifs du zonage, ont connu des changements significatifs ces dernières années. En conséquence, le nombre de pays et de régions viti-vinicoles impliqués dans les études de zonage a augmenté considérablement. Bien que la plupart de ces études aient été initiées en Europe, l’intérêt du zonage s’étend bien au-delà des pays de tradition viticole multiséculaire. La démarcation établie grâce aux appellations d’origine contrôlée ou aux indications géographiques protégées est l’un des buts les plus évidents du zonage viticole. Celui-ci est apparu au XIXème siècle en Europe, mais il est aujourd’hui largement appliqué dans le monde, y compris dans les pays viti-vinicoles émergeants du Nouveau Monde. D’autres objectifs importants du zonage, qui ne sont pas nécessairement en relation avec les opérations de démarcation, impliquent souvent la segmentation du territoire du vignoble en unités homogènes afin de faciliter la gestion de la lutte contre les insectes, la division territoriale, les opérations de restructuration du vignoble, la gestion de la qualité de la récolte ou la sélection de sites pour de nouveaux vignobles. Les unités homogènes obtenues après le zonage viticole sont fréquemment désignées par le terme “terroirs”. Toutefois, l’échelle spatiale appliquée ainsi que les méthodes d’analyses quantitatives et qualitatives peuvent varier considérablement, selon les concepteurs et les caractéristiques de la région viticole, et par conséquent il est difficile de procéder à des comparaisons sur le plan international. Les études de zonage viticole peuvent être regroupées, en gros, selon deux approches principales : la première approche est largement fondée sur la distinction géographique du vin, du raisin ou des caractéristiques de la vigne ; la deuxième approche, elle, se concentre sur des études de différenciation géographique au niveau du potentiel du sol ou des aptitudes du vignoble, études dans lesquelles les facteurs sol et climat sont des variables environnementales clés utilisées à divers degrés d’importance. Bien que le zonage viticole ne soit pas toujours synonyme de cartographie et d’analyse spatiale, cette pratique se modifie actuellement en raison de l’utilisation accrue de la géomatique. Par exemple, les méthodes de cartographie assistée par ordinateur et les techniques de télédétection ont révolutionné le zonage viticole à tous les niveaux, depuis la simple parcelle jusqu’au plan régional. A l’échelle du champ ou à l’échelle locale, les approches visant à établir les aptitudes du vignoble peuvent comporter une viticulture de précision, dirigée essentiellement vers une compréhension du fonctionnement écophysiologique de la vigne. Sur l’échelle régionale ou mondiale, les approches visant à établir les aptitudes du vignoble doivent être orientées vers la caractérisation de vastes modèles géographiques d’utilisation du sol. Le défi posé par ces différentes approches est de comparer les résultats obtenus au niveau régional avec ceux des sites d’échantillonnage à l’échelle locale. Ce document donne des exemples des différentes approches qui peuvent permettre d’établir des comparaisons de zonage aux différentes échelles spatiales, y compris au niveau international. www.sasev.org

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