italianoenglishfrançaisdeutschespañolportuguês
Langue
Recherche
  • » Autre
  • » Opinioni
  • » FILIERE VIN : PREDICTIONS POUR 2008... Par Jamie Goode

FILIERE VIN : PREDICTIONS POUR 2008... Par Jamie Goode

Jamie Goode, Journaliste, Londres

L’avenir se lit dans une boule de cristal et cela n’est pas du ressort de tout un chacun. Après tout, quiconque possèderait réellement ce talent n’aurait plus besoin de travailler. Cela reste pourtant amusant de regarder devant soi et d’imaginer où les 12 prochains mois pourraient nous mener. Alors, que réserve l’année 2008 au monde du vin ? Je vous livre ici quelques-unes de mes prédictions ; certaines sont spécifiques au marché anglais, les autres sont de portée internationale. Je suis sûr que la plupart d’entre elles seront fausses, mais je prends quand même le risque… Prédiction n°1 : Le marché du vin tend à devenir de plus en plus compétitif, ce qui est une mauvaise nouvelle pour les producteurs de vins basiques et les propriétaires de marque. En général, les gens considèrent le vin comme une denrée de base, et savent exactement combien ils souhaitent dépenser ; d’une façon générale, ils y mettent le prix le plus bas possible, mais qui permet d’acheter une bouteille de qualité acceptable. Comme une récente dégustation menée par Asda ma l’a prouvé, il est encore possible d’acheter un vin acceptable pour 4 € au Royaume-Uni, ce qui est ahurissant si l’on considère que les prix du vin n’ont finalement pas tellement évolué ces dix dernières années. Faire en sorte que le consommateur dépense plus de 5 € semble même un peu fantaisiste, particulièrement si l’on se penche sur la seconde prédiction. Prédiction n°2 : Les pages financières s’assombrissent à coups de crise du crédit et de récession mondiale. La plupart des gens vont sans doute se serrer la ceinture l’année prochaine. C’est une mauvaise nouvelle pour les producteurs de vins et les détaillants car il est évident que si la population doit choisir entre nourrir ses enfants et acheter du vin primeur, ce sont les enfants qui l’emporteront (dans la plupart des cas). Toutefois, je ne pense pas que cela puisse frapper le segment du très haut de gamme : les grands vins continueront à être de plus en plus inaccessibles ; le fait que leurs petites productions soient recherchées par un groupe croissant de multimillionnaires à travers le monde entraînera le maintien de prix élevés. Tandis que la perspective d’un ralentissement économique ou d’une récession signifie la diminution du pouvoir d’achat pour beaucoup, je ne pense pas que cela puisse toucher le rang des super riches au point qu’ils cessent d’acheter de grands vins. Prédiction n°3 : La néo-prohibition progresse. A la fin de l’année dernière, nous avons pu lire ou entendre dans les média de nombreuses informations à propos des dangers de la consommation de vin au sein de la classe moyenne. Plutôt que de cibler les fêtards et gros buveurs avec des messages sur la santé comme par le passé, le gouvernement anglais s’en prend à présent aux professionnels qui consomment une bouteille de vin chaque soir en accompagnant leur dîner, et clame que ce type de consommation provoque des problèmes de santé à long terme. Attendez-vous à ce que ce type de sensibilisation précède une hausse massive des taxes, car faire grimper le prix des boissons alcoolisées semble être la solution idéale pour réduire la consommation d’alcool. Me viennent alors deux questions : (1) le gouvernement est-il vraiment sûr que la consommation d’une bouteille de vin pendant le repas entraîne de réels problèmes de santé à long terme ? ; et (2) si le pays boit jusqu’à sa perte, quelles en sont les raisons ? Le gouvernement ne devrait-il pas se pencher sur les causes de l’alcoolisme, plutôt que de s’acharner sur le comportement lui-même ? Mon souci est que toutes ces propagandes anti-alcool fassent qu’une consommation saine de vin, procuratrice de plaisir et bonne pour l’espérance de vie, soit perçue par la majorité comme socialement inacceptable. Prédiction n°4 : Le packaging alternatif sera de plus en plus accepté par les consommateurs. Le Bag-in-Box est présent dans les linéaires depuis un certain temps et il poursuivra son bonhomme de chemin. Mais ce que nous verrons de plus en plus sont les Tetrapak (et les variations sur le même thème), l’outre (soit le bag-in-box sans la boîte), ainsi qu’une utilisation grandissante des bouteilles PET (en plastique). Cela sera soutenu en partie par les préoccupations environnementales et de bilan carbone. Prédiction n°5 : Les vins très alcoolisés battront un peu de l’aile cette année. Les producteurs coupables commenceront à réaliser que les vins rouges produits à partir de baies en surmaturité, très alcoolisés et de style international sont des vins ennuyeux et sans réel intérêt. Ainsi, ils chercheront à produire des vins qui reflètent mieux leur terroir en adaptant leur viticulture et en vendangeant un peu plus tôt. Prédiction n°6 : Les détaillants comprendront finalement qu’essayer de vendre de grands vins à des clients intelligents en se basant sur la note que Robert Parker leur aura attribuée est quelque peu absurde. Prédiction n°7 : Obturateurs : le bouchon en liège continuera à perdre autant de consommateurs que les bouchons alternatifs en gagneront. Le liège restera la méthode d’obturation principale pour les grands vins, mais les vins à rotation rapide se tourneront vers les capsules à vis, les bouchons Diam’s, les bouchons synthétiques et les Vino-Lok. En ce qui concerne les capsules à vis, les saran films étain seront moins utilisés et davantage de producteurs choisiront le Saranex. (Désolé, je deviens un peu technique…) Prédiction n°8 : Et que va-t-il se passer dans les différents pays producteurs de vin ? Selon moi, ce sera une bonne année pour la Nouvelle-Zélande car les consommateurs prennent aujourd'hui conscience du fait qu’il n’y a pas que du Sauvignon qui pousse au pays du Kiwi – et il y a notamment quelques rouges très élégants. Les Etats-Unis devraient être capables de prendre quelques parts de marché à l’Australie dans le segment des vins d’entrée de gamme (qui dit problème de sécheresse dit moins de vin à vendre). Le Chili continuera à bien se porter grâce à ses vins bon marché ; il poursuivra son apprentissage de la lutte qui opère au niveau des vins haut de gamme, et ses blancs jouiront d’une reconnaissance croissante. L’Argentine gagnera un peu de terrain avec ses rouges, mais ses blancs poseront certains problèmes. La France et l’Espagne commenceront à démontrer qu’elles sont tout à fait capables de produire des vins commerciaux convenables et en volumes significatifs. Elles enregistreront même de meilleurs résultats que les vins du nouveau monde dans le segment 7 à 13 €. Le Portugal progressera dans le segment des vins haut de gamme (spécialement le Douro), mais restera un peu en marge et ratera le coche des vins commerciaux. Jamie Goode est un écrivain spécialisé dans le secteur du vin, installé à Londres. Il est actuellement chroniqueur de vin pour un journal anglais national, The Sunday Express. Il a gagné le Glenfiddich du meilleur auteur spécialisé dans le vin en 2007, qui a récompensé ses articles publiés dans Harpers et The World of Fine Wine. Il publie régulièrement dans le Wine Business International, le Wines and Vines, le Hong Kong Tatler, et le Decanter. Son premier livre Wine Science, a remporté le Glenfiddich Award for Drinks Book en 2006, et a reçu d’excellentes critiques. Vous trouverez ci-joint le lien vers l'article original.
Publié le 22/01/2008
Fiches associées
© Tous les droits sont réservés
TVA: IT01286830334
ISSN 1826-1590
powered by Infonet Srl Piacenza
Politique de confidentialité
Ce site utilise les cookies nécessaires pour les objectifs décrits en mentions légales. Pour plus d’information sur la politique d’utilisation des cookies, voir les mentions légales. En fermant cette fenêtre, en déroulant la page, en cliquant sur un lien ou en continuant la navigation, vous consentez à l’utilisation des cookies.
Plus d’informationOK

- A +
ExecTime : 1,84375