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Le printemps de l’œnologie

Sophie Pallas

Ce printemps aura été riche en évènements œnologiques avec le sud viticole comme scène privilégiée. Saluons en premier lieu les initiatives qui se dessinent dans la profession pour favoriser l’information et la qualité de services auprès des producteurs. Que ce soit à l’échelle internationale avec l’association O2inWines ou régionale avec l’association Vino Latino, la mobilisation des prestataires de la filière est forte pour sensibiliser tous les acteurs sur les enjeux de fond : contrôle de la qualité, sécurité alimentaire, environnement, prise en compte du consommateur,… Si la conférence organisée au Mas de Saporta par Vino Latino le 22 mai dernier a posé la question de la naturalité des vins, les débats ont été ouverts et intelligents pour peser la juste place de la technique dans l’élaboration d’un produit qui ne peut exister sans l’intervention de la main de l’homme. Produit extrêmement sensible en termes d’image, le vin qui est depuis 2000 considéré comme un produit alimentaire par la communauté européenne peut être l’objet de malentendus avec l’opinion. Risques alimentaires, allergies, teneurs en pesticides, impact environnemental des techniques culturales : la filière viticole n’est pas indemnisée de toutes ces problématiques sociétales mais ne peut pas être accusé de laxisme. Le vin demeure le produit alimentaire le plus réglementé en pratiques de production et en composés exogènes (selon Monsieur Dubernet, pas plus de 43 composés sont autorisés alors même qu’ils sont au nombre de 400 pour les autres produits alimentaires). La transparence et le contrôle des intrants est sans aucun doute un enjeu majeur et le discours de Monsieur San Fillipo (MDRGF : Mouvement pour le droit des générations futures) largement relayé par la presse grand public sur la présence de résidus de pesticides doit constituer une alerte forte. Il est important cependant de ne pas stigmatiser l’opinion sur un discours sur le vin par trop alarmiste. Comme nous l’a rappelé le laboratoire CAPA de Toulouse (spécialisé dans le dosage des contaminants), la finesse des outils d’analyse fait apparaître des composés chimiques qu’on ne soupçonnait pas encore il y a une dizaine d’années et souligne que les normes comparatives fixées (de l’eau notamment) n’ont pas été actualisées depuis. Si le tableau analytique peut donc être effrayant aujourd’hui grâce à ces nouvelles méthodes d’investigation, il est tout de même rassurant d’entendre que la tendance est à la baisse continue. Sans pour autant considérer les vins biologiques comme l’unique alternative, des efforts constants doivent être soutenus par l’ensemble des acteurs de la production pour concilier intégrité du produit et fiabilité économique : l’œnologie et la viticulture raisonnées sont l’alternative incontournable. La recherche nous paraît donc plus que jamais nécessaire pour arriver à cet objectif grâce à la maîtrise des phénomènes (qui passe par la connaissance de ces phénomènes). C’est la conviction qui anime l’association internationale pour la gestion de l’oxygène dans le vin fondé par les sociétés Nomacorq, Lallemand et G3. Cette nouvelle initiative privée, annoncée lors de la première conférence le 3 juin, démontre dans le même sens l’importance de la connaissance et de l’information. L’oxygène est un des éléments chimiques les plus réactifs dans le vin, il est un des moins maîtrisés par le vinificateur. Pourtant de nouveaux outils de mesure sont en cours de développement et la connaissance des mécanismes de stabilisation ou de dégradation en présence d’oxygène avance à grand pas. Tous moyens mis en commun par les industriels permettront une mise à disposition d’autant plus rapide des outils aux professionnels de la production. Vous pouvez consulter toute l’actualité de l’association sur le site : O2inwines.org. Enfin, troisième évènement et non des moindres, Enoforum organisée par Vinidea France, consacre également l’importance stratégique de la recherche et de sa diffusion entre les différents acteurs de la filière (recherche privée et publique, techniciens). Enoforum s’est tenu le mois dernier à l’INRA de Montpellier sur le thème « Arômes, texture et consommateurs ». La recherche en œnologie est dynamique, internationale et porteuse d’innovations : qu’on se le dise ! Vous pourrez accéder très prochainement à l’ensemble des présentations power point du colloque sur le site Vinidea.fr/Enoforum.
Publié le 17/06/2008
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